Récit

Des ordinateurs contre le décrochage scolaire

D’avril à fin juin dernier, les élèves des écoles ixelloises dépourvus d’ordinateur à la maison en ont reçu un en prêt. Le Fonds Marinette M. De Cloedt, géré par la Fondation Roi Baudouin, a en effet fait don de 210 ordinateurs portables à la commune, qui les a mis à disposition des familles dans le besoin. Cette expérience positive a aussi permis de tirer des leçons pour l’avenir.

"C’est super gai, l’ordinateur !", s’exclame Sabour. "J’ai vite appris à l’utiliser et, du coup, j’ai pu faire mes devoirs en m’amusant". Le garçon de 10 ans, comme d’ailleurs sa petite sœur Hadjar, 9 ans, ont tous deux bénéficié d’un ordinateur portable mis à leur disposition pendant la période de confinement et la fermeture de leur école ixelloise. La Fondation Roi Baudouin, via le Fonds Marinette M. De Cloedt – du nom de l’échevine ixelloise de l’enseignement et de la santé décédée voici un peu plus de deux ans – a répondu à la sollicitation de la commune d’Ixelles, soucieuse d’éviter le décrochage scolaire des jeunes pendant le confinement.

"Quelque 190 élèves fréquentant une école communale, soit environ 10% du nombre total d’élèves des écoles primaires, ne disposent pas d’ordinateur à la maison", a-t-on constaté à l’échevinat de l’Instruction publique. Or les devoirs étaient envoyés par mail ou sur une plateforme dédiée. Les contacts visuels avec les enseignants s’effectuaient via internet. Les enfants dépourvus d’ordinateur risquaient fort d’être totalement coupés de leur école, ce qui présentait un risque de décrochage. Le Fonds Marinette M. De Cloedt a donc fait l’acquisition en urgence de 210 ordinateurs portables dont elle a fait don à la commune d’Ixelles. De son côté, Proximus a offert 250 connexions internet aux familles qui en étaient dépourvues.

Le lien entre l’élève et son école : essentiel

"Je voulais absolument que ma fille reste en lien avec l’école", témoigne la maman de Marie-Eve, 7 ans. Grâce à l’ordinateur et aux applications auxquelles elle a eu accès, elle a pu poursuivre son apprentissage de la lecture et du calcul. Elle renvoyait ses devoirs par mail, puis recevaient les corrections. C’était très stimulant". La petite fille confirme : "J’ai appris plein de choses, et je me suis bien amusée". Cette première expérience s’est révélée tellement enrichissante que les parents de Marie-Eve ont, depuis lors, fait l’acquisition d’un ordinateur familial : "C’était le moment, il fallait franchir le pas", explique la maman. "Cela a exigé de nous un effort financier, mais il fallait le faire".

"Nous aimerions vraiment avoir un ordinateur à nous à la maison", confirme la maman de Sabour et de Hadjar. "On a bien profité des quelques semaines pendant lesquelles nous en avons reçu un en prêt. C’est fou ce que les enfants en ont rapidement compris le fonctionnement. Nous avons l’intention d’en acheter un. Mais avec la crise, mon mari a perdu son travail : l’achat d’un ordinateur est donc remis à plus tard, hélas".

Réduire durablement la fracture numérique

"La crise sanitaire et le confinement ont souligné l’ampleur de la fracture digitale", souligne Sophie Ouvry, directrice de l’École en mouvement, un enseignement spécialisé de type 8 (consacré aux élèves atteints de troubles de l'apprentissage). Or, et c’est particulièrement vrai pour les publics précarisés, les élèves et leurs parents se sont trouvés très démunis et très seuls pendant cette période particulière. L’école leur envoyait des mails, mais comment en prendre connaissance quand on n’a ni internet, ni ordinateur ?! Le risque était grand de ‘perdre’ ces enfants et leur famille. Grâce au Fonds De Cloedt, nous avons pu éviter cela. Mais cela a demandé un gros investissement de la part des écoles. Chez nous, par exemple, nous avons dû mettre la main à la pâte pour attribuer une adresse mail aux parents, leur apprendre les fonctionnalités de base de l’ordinateur, installer des raccourcis vers les applications les plus nécessaires, telle celle donnant accès à la ‘classroom’…".

Le jeu en valait la chandelle : à la réouverture des écoles mi-mai, 9 élèves sur 10 avaient retrouvé les bancs de l’école, avec une motivation intacte.

"Tout ceci nous a permis de tirer des leçons pour le futur", conclut Sophie Ouvry. "On devrait prévoir, dès les petites classes, une formation à l’usage d’internet et de l’ordinateur. Envoyer un devoir par mail, quand on n’a jamais fait ça, ce n’est pas si facile. Encore moins si, par exemple, l’enfant souffre de dyslexie et que ses parents sont précarisés. Les enfants apprennent vite : si on les forme, ils seront rapidement autonomes. Et puis, sur le long terme et de manière plus globale, il faudrait aussi réfléchir sérieusement aux pistes d’action pour réduire durablement la fracture numérique dans le monde de l’enseignement, pour que les écoles soient équipées de davantage d’ordinateurs à destination des élèves. L’ordinateur, aujourd’hui, n’est plus un luxe, mais une nécessité".

"La crise du COVID-19 a ouvert la porte à une vraie réflexion sur les actions à mener pour réduire durablement la fracture numérique."
Sophie Ouvry
Directrice de l’École en mouvement

Message bien reçu : la commune d’Ixelles a en effet prévu d’utiliser une partie des ordinateurs reçus pour initier les élèves de l’enseignement fondamental à l’informatique. Et à plus long terme, elle envisage de renforcer la numérisation de ses écoles en dotant chacune d’elles d’un accès wifi, en formant les enseignant.es…

À propos du Fonds Marinette M. De Cloedt

Géré par la Fondation Roi Baudouin, le Fonds Marinette M. De Cloedt soutient des projets d’intérêt général mis en œuvre par des écoles dont la commune d’Ixelles est le pouvoir organisateur, ainsi que des projets porteurs d’innovation sociale ou culturelle. Outre le don d’ordinateurs portables octroyé en urgence durant le confinement, le Fonds soutien des actions durables pour prévenir le harcèlement et les violences dans les écoles primaires de la commune.

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Pour des projets éducatifs qui développent les compétences numériques des jeunes vulnérables (de 6 à 25 ans) par la fourniture d’ordinateurs et un soutien financier.

En cours

DigitalForYouth.be - 2022/B

Pour des projets éducatifs qui développent les compétences numériques des jeunes vulnérables (de 6 à 25 ans) par la fourniture d’ordinateurs et un soutien financier.

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Soutien à des projets qui renforcent l'inclusion numérique en facilitant l'accès aux nouvelles technologies et en faisant du numérique un facteur d'égalité des chances.

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