Récit

Myriam ou de la vitamine à l’état pur

Quand elle énumère ses passions avec enthousiasme, quand elle fait le bilan de son parcours avec Boost – le programme de développement des talents de la Fondation Roi Baudouin, de ses études de psycho, de son entrée dans la vie active, Myriam dégage une force, une énergie, un amour de la vie totalement contagieux. Aucun doute : ce petit bout de femme a tout d’une psychothérapeute de talent.

Son cabinet de psy est à son image : la fenêtre, ouverte, laisse s’engouffrer l’air frais de ce matin d’hiver ; la décoration ne s’embarrasse ni de superflu, ni de tape à l’œil. Et, cependant, il invite à se poser, il accueille, il contient, il sécurise. Du haut de ses 24 ans et de son mètre soixante, sa voix posée, son côté sûr d’elle – "Cela n’a pas toujours été le cas ; j’ai gagné en confiance en moi au fil du temps" – elle en impose. Elle a déjà vécu mille expériences, dont certaines douloureuses. Tel son passage dans un athénée francophone de la capitale, en début de secondaires, après des premières années de scolarité en néerlandais. Ce qui ne devrait être qu’un détail aux yeux du monde, un choix intime, devient son premier vrai obstacle : "L’école où j’avais atterri tolérait le port du foulard, mais je sentais bien que tous les profs n’étaient pas sur la même longueur d’onde, et que le fond de l’air était globalement réprobateur". Conjugué à cela, un niveau général d’études relativement faible, alors que Myriam est une élève brillante. Ses parents font donc le choix de lui faire suivre ses études secondaires dans une école privée qui prépare au jury central. "Pour mes parents, cela a constitué un sacrifice financier. Pour moi, une formidable ouverture au monde et l’apprentissage de l’autonomie : en tant qu’élèves, nous étions vraiment acteurs de notre apprentissage".

Boost : du soutien, des rencontres et des livres

C’est là, en 3ème secondaire, que Myriam entend parler de Boost, le programme de développement des talents de la Fondation Roi Baudouin. Encouragée par la directrice de l’école, elle confectionne son dossier. L’entretien se passe bien – "J’étais très impressionnée, seule face à deux messieurs qui m’apparaissaient comme très grands et très pros" – elle est sélectionnée. Jusqu’à ses 19 ans et la fin de ses humanités, elle se sent soutenue, encouragée. Le budget que le programme met à sa disposition lui permet de faire des achats qu’elle n’aurait pas pu se permettre : elle s’achète des livres, notamment d’histoire, qu’elle dévore : "Ils m’accompagnent encore aujourd’hui".

Boost lui offre aussi plein d’occasions de rencontres marquantes, stimulantes : "Des gens influents, dans plein de secteurs d’activités différents". Rapidement, Myriam noue des liens de confiance avec son field manager (c’est ainsi que s’appellent les experts de terrain qui accompagnent les jeunes, suivent leur évolution, et développent le programme localement) : "Il était d’un soutien inconditionnel, très pro, très présent. J’avais besoin d’un encouragement ? Il était là". Pour elle qui se passionne pour l’histoire, les ateliers et les rencontres organisées dans le cadre du programme Boost sont autant d’occasions de pénétrer des lieux merveilleux, chargés d’un majestueux passé : "Le Parlement m’a beaucoup impressionnée, sans parler, bien sûr, du Palais royal. L’ambassade américaine est impressionnante, elle aussi".

La psycho et le goût des autres

La fin des humanités approche, et Myriam doit choisir dans quelle voie elle veut s’engager. Curieuse de tout, "un peu hyperactive", elle est partagée entre plusieurs passions : l’histoire, la communication et la psychologie. "Mon manager m’a donné un conseil plein de bon sens : ‘Et si tu allais à la rencontre de professionnels qui exercent dans ces différents secteurs ?’ C’est ce que j’ai fait". Elle pose des questions, recueille des témoignages, assiste à des cours, et choisit finalement la psycho, qu’elle fera à l’UCLouvain : "L’impact que je pouvais avoir sur la vie des gens a été déterminant dans mon choix". La jeune fille, deuxième d’une fratrie de quatre, adore les enfants : elle s’intéresse donc particulièrement aux cours sur l’attachement parents-enfants, sur la psychologie du développement et sur la parentalité.

Bonne élève, autonome et organisée, Myriam s’épanouit également en dehors de ses études : "Je voulais continuer de vivre, m’amuser, nourrir mes liens amicaux et sociaux et, aussi, assumer mes activités de bénévolat". Au programme, notamment, l’encadrement de stages de vacances pour enfants, et l’investissement dans l’humanitaire. Elle vise donc la réussite, pas d’être la première de sa promotion.

Une détermination à toute épreuve

"Je retiens de Boost que tout est possible, si on s’en donne les moyens."
Myriam
Ancienne participante à Boost

Son diplôme en poche, Myriam se rend vite compte que son horizon professionnel dans un service psy hospitalier est relativement bouché. Mais elle ne se décourage pas pour si peu : "J’ai retenu de Boost, et aussi de mes parents qui partagent cette même détermination, que tout est possible, si on cravache". Son courage tranquille, conjugué à un indécrottable optimisme et à une tendresse infinie pour ses semblables, la poussent à l’action. Diplômée en septembre, elle était déjà inscrite à la Banque carrefour des entreprises en octobre ! Elle retape un garage qu’elle loue à Berchem-Sainte-Agathe, le transforme en un cabinet nimbé de lumière et accueillant. Quelques mois plus tard, elle a déjà une patientèle fidèle. Et, avec une détermination qui n’altère en rien son humilité, elle apporte sa pierre à l’édifice. "Je chemine pour devenir ce que je voudrais que le monde soit…".

À propos de Boost

Géré par la Fondation Roi Baudouin, Boost encadre des jeunes talentueux et motivés issus de milieux socio-économiques fragilisés, dans le but de renforcer leurs capacités et d’accroitre leurs chances de réussite dans l’enseignement supérieur et sur le marché de travail. Et faire de ceux-ci des modèles de réussite inspirants pour leur entourage et pour la société. Lancé à Bruxelles en 2011, Boost existe aussi à Liège, Verviers et Anvers et, depuis septembre 2019, à La Louvière et à Mons. Au total, près de 470 jeunes participent au programme.

www.boostfortalents.be

Autres récits
Un engagement qui inspire !

La force de Rami lui donne des ailes

Qualité & Innovation Education et développement des talents

"Boost m’a aidé à m’accrocher à mon rêve avec confiance et détermination."
Rami
participant à Boost Verviers

Le destin d’Ines

Qualité & Innovation

"Participer à Boost m’offre une grande ouverture sur le monde et me fait progresser, aussi bien sur le plan scolaire que personnel."
Ines Lamallem
Participante à Boost, lauréate du prix Laure Nobels – Brabant wallon

Des Ardennes à Taïwan : une bourse qui change la vie

Qualité & Innovation

"À l’écart de ma zone de confort, j’ai pu découvrir un nouveau secteur d’activités et développer de nouvelles compétences."
Justine Thiry
Lauréate du Fonds Prince Albert

Autres appels à projets

Belgodyssee 2024

Des duos bilingues parcourent les Communautés de Belgique pour réaliser des reportages pour la RTBF, la VRT, L'Avenir et Knack.

Fonds Victor - appel 2024

Stimuler le plaisir de la lecture auprès des enfants et adolescents, particulièrement chez les jeunes en première, deuxième ou troisième secondaire de l’enseignement en FWB.

En cours

Fonds Dominique De Graeve - appel 2024

La sécurité des enfants dans la circulation

En cours

Autres Fonds et formules philanthropiques

Autres communiqués

Max Romain et Jani Lambrechts remportent la 19e édition du concours Belgodyssée pour jeunes journalistes

Max Romain (IHECS) et Jani Lambrechts (Thomas More) sont les lauréats du Prix Belgodyssée 2023 pour futurs journalistes prometteurs.

Un jeune photographe talentueux mis à l’honneur pour son projet en RD Congo

Lucas Leffler est le lauréat du Fonds Sébastien van der Straten, pour son reportage photographique dans les mines de cobalt en RD Congo.