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Récit

‘Un toit, un cœur’, de la chaleur humaine pour les plus précaires

2022

Les sans-abri, mal-logés et populations précaires de Louvain-La-Neuve viennent trouver de l’aide et de la chaleur chez ‘Un toit un cœur’. Face à la flambée des prix de l’énergie, l’association est en difficulté pour payer ses factures. Grâce à l’aide de la Fondation Roi Baudouin, elle peut poursuivre ses activités.

A Louvain-La-Neuve, des étudiants installent péniblement un four à pizza devant un bâtiment préfabriqué. Ils font partie de kots à projets sociaux – la coquille, le Kot des Droits humains, kap quart - et s’apprêtent à mettre la main à la pâte, pour la bonne cause. « Notre objectif c’est de sensibiliser sur les questions de précarité, et d’aider des personnes aux parcours très différents des nôtres », témoigne Nathan Bernard, président des trois kots. A midi, les étudiants de Louvain-La-Neuve seront conviés à manger des pizzas en compagnie du public de l’association ‘Un toit un cœur’ (surnommé UTUC), qui accueille l’évènement.

Cela fait 13 ans que cette association aide des sans-abris, des personnes mal logées qui bricolent des solutions entre squats ou caravanes, des hommes, et plus rarement des femmes, abîmés par la vie qui, lorsqu’ils ont un toit, supportent des conditions de vie insalubres et n’arrivent pas à joindre les deux bouts.

Dans les locaux d’Utuc, ouverts en journée, ils peuvent d’abord se doucher, manger un repas chaud, laver leur linge, ou consulter internet, mais ils viennent aussi discuter, jouer, se raconter et, ainsi, échapper à l’âpreté de la rue. « Ils trouvent ici un espace qui leur offre une sécurité et stabilité », explique Stéphanie Seutin, coordinatrice de l’association. C’est ce que confirme Aurélien, un homme de 37 ans qui vit désormais dans un appartement, après huit années de galères à errer ente la rue, les squats et les tentes. « Ici, ils m’ont mis bien directement. Il y a les commodités bien sûr, la douche, la machine à laver. L’ordinateur et l’accès à internet, c’est super important. Mais Utuc, c’est surtout un endroit où on peut se poser, se structurer. » Une fois que les besoins essentiels à la vie quotidienne sont remplis, c’est un autre travail qui commence chez Utuc. On remet la situation sociale en ordre, pour permettre aux plus précaires d’accéder à leurs droits, au revenu d’intégration sociale, à la mutuelle et aux soins avec, en ligne de mire, l’espoir d’un retour en logement.

Des factures hors de prix

Chez UTUC, c’est du lien social qu’on tisse au quotidien. Des étudiants, on l’a vu, viennent donner un coup de main hebdomadaire. Ils apportent une présence aux bénéficiaires de l’aide et côtoient d’autres bénévoles, plus âgés, qui préparent des repas, et, par leurs échanges réguliers, revigorent ces personnes précarisées de mots et de chaleur humaine. C’est ce que décrit Rosine, 81 ans, qui est bénévole depuis les débuts de l’association : « Ici, les gens sont satisfaits car on les prend comme ils sont. Ils peuvent venir avec leur chien qui est leur plus proche compagnon. Ils peuvent décompresser et, personnellement, ça m’apprend beaucoup au point de vue humain », dit-elle en cuisinant un grand wok de poulet et de légumes, grâce aux invendus du supermarché Delhaize.

L’aide que fournit Utuc est mise en danger par la hausse des prix de l’énergie. « Notre facture d’électricité est passée de 7000 à 12.000 euros par an, décrit Stéphanie Seutin. Nos bénéficiaires viennent ici se mettre à l’abri du froid. Ils viennent chercher de la chaleur. » L’association est financée à 50% par des subventions et à 50% par des dons privés, « qui rendent notre situation financière très aléatoire », ajoute la coordinatrice. Dans ce contexte de flambée des prix, l’aide d’urgence de 5000 euros qu’UTUC a obtenue, via une procédure allégée et expresse, auprès de la Fondation Roi Baudouin est une véritable bouffée d’oxygène pour l’association. « Sans ça, c’était foutu », lâche Stéphanie Seutin.

"Le soutien de la FRB est une véritable bouffée d’oxygène pour notre association."
Stéphanie Seutin
coordinatrice de l’asbl ‘Un toit un cœur’

‘Un toit un cœur’ peut donc, pour l’instant, poursuivre ses activités, malgré la crise des prix de l’énergie qui fragilise le tissu associatif. A Louvain-La-Neuve, il n’y a pas d’autre endroit pour les plus précaires. Utuc y est essentiel. C’est ce que raconte Ben qui, après 15 ans de vie à l’étranger, a vécu plusieurs mois dans sa voiture avant de repartir de l’avant, grâce à l’association. Aujourd’hui, il travaille, vit dans un appartement, et affirme qu’Utuc a été décisif dans son parcours : « On m’a aidé à faire des choix que je n’aurais pas faits autrement. Ça m’a aidé à garder un cap, à ne pas partir en vrilles. »

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