Récit

Cette aide fut un vrai coup de chance

"En temps de crise, les gens se serrent les coudes. Cela me donne l’espoir que nous pourrons poursuivre notre projet."
Marie-Hélène Düsseldorf
Présidente de la Croix-Rouge, section locale de St. Vith – Burg-Reuland

En ces temps de du COVID-19, les valeurs humaines telles que la solidarité et la charité sont plus importantes que jamais. Depuis de nombreuses années déjà, l’antenne locale de la Croix-Rouge à St. Vith – Burg-Reuland soutient, dans le sud des Cantons de l’Est, les personnes vulnérables. En première ligne, la banque alimentaire accueille chaque semaine plus de 425 personnes. Grâce à un soutien d’urgence de la Fondation Roi Baudouin, elle peut continuer à proposer une aide alimentaire à ses bénéficiaires.

Quelques mots échangés avec la présidente de la Croix-Rouge, Marie-Hélène Düsseldorf, suffisent à mettre clairement en lumière les difficultés actuelles auxquelles est confrontée l’aide alimentaire. "En raison de la pandémie et des restrictions sociales associées, nous subissons un tarissement sévère de nos sources d’approvisionnement que nous ne pouvons compenser que par des achats", explique-t-elle.

Plus assez de dons alimentaires

Une grande partie des denrées alimentaires distribuées aux personnes en difficulté et aux démunis provient, avant tout, des dons en provenance des commerces locaux. "Le confinement et les achats de réserves des premières semaines ont bridé la générosité habituelle. En outre, certaines activités de production, telles que la boulangerie, ont tourné au ralenti; alors qu’elles produisaient des denrées qui étaient régulièrement mises à notre disposition en vue d’une redistribution qui n’est plus possible aujourd‘hui". En plus des dons de denrées, une enveloppe annuelle moyenne de 25.000 euros est consacrée à certains achats grâce à des dotations venant de la DG et des clubs-services, ainsi qu’aux recettes de bourses aux vêtements. "Notre magasin de seconde main est fermé en raison du COVID-19 et nous prive de ces recettes. Dans ces conditions, poursuivre les achats n’est pas possible, sachant que nos réserves servent à couvrir les frais d‘exploitation de notre maison. Par ailleurs, la crise nous frappe à un moment des plus défavorables puisqu’à l’automne dernier, nous avions dû faire l’acquisition - conformément aux règles de sécurité et pour un montant d’environ 35.000 euros - d’un monte-charge, qui nous sera livré dans quelques semaines", poursuit Marie-Hélène Düsseldorf.

Une autre conséquence de la pandémie est le déclin momentané de la générosité. "Durant le premier trimestre, nous n’avons reçu qu’une poignée de dons. Durant une année normale, les apports sous forme de dons sont nettement plus élevés. Nous avons cru un temps qu‘il nous faudrait fermer les portes de l’épicerie sociale de St Vith". C’est alors que la Fondation Roi Baudoin est intervenue pour mettre 10.000 euros à la disposition de l’aide alimentaire de St. Vith dans le cadre de l’un de ses appels d’urgence COVID-19. "Leur pragmatisme fut particulièrement exemplaire et nous a permis de rapidement valoriser les montants alloués. Ce don nous garantit de pouvoir voir venir jusqu’à l’automne ; ensuite, les premiers dons des autres clubs-services sont annoncés", se réjouit la présidente satisfaite de la Croix-Rouge. L’aide financière de la Fondation a principalement été consacrée à l’achat de fruits et légumes frais. Quant à savoir si le nombre de démunis a augmenté en raison du COVID-19, Marie-Hélène Düsseldorf constate une sorte de glissement : "Il n’y a pas plus de personnes qui fréquentent chaque mardi notre épicerie sociale, mais on voit de nouvelles têtes, parmi lesquelles des familles et des parents isolés. Cela est certainement dû au fait qu’en raison de leur âge, beaucoup de nos clients habituels appartiennent au groupe dit à risque et hésitent à venir chez nous. Pour les toucher malgré tout, nous avons organisé un petit service de livraison, assuré par des bénévoles mais aussi des voisins. On passe un coup de fil aux personnes âgées tous les lundis et on maintient ainsi un certain contact social".

De nouveaux publics

"Parmi les clients de la banque alimentaire, on rencontre principalement des citoyens des Cantons de l’Est qui, pour cause de chômage, de maladie ou de vieillesse, se retrouvent dans des situations de détresse profonde. Ce qui fait surtout froid dans le dos, c’est le grand nombre de jeunes qui partent socialement à la dérive; un bagage scolaire lacunaire, l’absence de perspectives, des troubles psychiques causés par la pression sociale sont autant de raisons. Dans ce contexte, l’épicerie sociale se veut être une aide complémentaire et ne couvre pas les besoins alimentaires hebdomadaires des clients. Avec le COVID-19, de plus en plus de familles poussent notre porte car leurs enfants sont temporairement à plein temps à la maison et ne peuvent plus bénéficier du tarif social de la cantine scolaire. Les besoins sont, dès lors ,bien plus grands, alors que nos moyens se tarissent", ajoute Marie-Hélène Düsseldorf.

En plus de l’aide directe qui prend la forme de denrées alimentaires, la Croix-Rouge veille en priorité à la dimension humaine. "Nous pratiquons ce que nous appelons un ‘bénévolat mixte’ : les bénévoles travaillent main dans la main avec les clients à notre projet. C’est important car une nouvelle confiance et conscience de soi et de sa valeur se crée, dans laquelle les clients peuvent puiser pour se réintégrer", précise la présidente. En moyenne, chaque mardi, la banque alimentaire sert 425 personnes tout en respectant, avec la plus grande rigueur, les mesures de sécurité et d’hygiène. La solidarité et la générosité n’ont manifestement pas pâti de la pandémie ; au contraire, spontanément, certains jeunes se sont manifestés pour aider activement la Croix-Rouge à St. Vith. "Nos 123 bénévoles sur la localité de St. Vith ont, pour la plupart, plus de 60 ans et ne sont dès lors, pour le moment, plus aussi disponibles que d’habitude. En temps de crise, les gens se serrent les coudes. Cela me donne l’espoir que nous pourrons poursuivre notre projet".

Croix-Rouge, section locale de St. Vith - Burg Reuland
sanktvith@roteskreuz.be

À propos de l’appel d’urgence ‘COVID-19 : personnes précarisées’

Dans le cadre de la crise sanitaire liée au coronavirus, la Fondation Roi Baudouin a lancé rapidement un appel d’urgence destiné aux organisations de lutte contre la pauvreté et le sans-abrisme, au moyen d'une procédure accélérée et allégée. L’objectif est que les publics vulnérables avec lesquels ces organisations travaillent, et qui sont gravement touchés par la crise du COVID-19, puissent continuer à être aidés. Les organisations sélectionnées bénéficient d’un soutien forfaitaire de 10.000 euros.

Autres appels à projets

Fonds Piet Cleemput - appel 2022

Prix Flamand pour un mémoire de fin d'études en travail social

En cours

Fonds Celina Ramos - 2022B

Le Fonds soutient des projets qui œuvrent au profit de personnes défavorisées sur le plan économique et social en Belgique.

En cours

Projets d'économie sociale de lutte contre la pauvreté

Soutien à des projets d’économie sociale en Belgique, visant à sortir les personnes de la précarité, hors des grandes villes, en leur donnant accès à leurs droits fondamentaux.

Sélection annoncée

Autres Fonds et formules philanthropiques

Help Ukranians in Belgium (Cercle de donateurs)

Avec ce Cercle de Donateurs, la Fondation Roi Baudouin soutiendra des initiatives en Belgique qui viennent en aide aux réfugiés ukrainiens.

Jean-Claude Dortu (Fonds)

Le Fonds soutient des initiatives qui aident les personnes en situation de précarité ou qui accompagnent les personnes âgées ou handicapées en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Autres communiqués

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Dix projets qui offrent un peu de chaleur aux habitants des communes les plus touchées par les inondations de l’été 2021 reçoivent un soutien total de plus de 90.000 euros.

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